La chaîne du Mont-Blanc vue des Flancs du Brévent.

Le fond de la vallée même de Chamonix offre une promenade délicieuse aux visiteurs les moins entraînés. A l'amont de la ville, derrière le Casino Municipal, s'étale en effet une petite plaine boisée: c'est le bois Bouchet poussé dans les délaissés de l'Arve. C'est là qu'il faut aller rêver le soir, à la nuit tombant des cimes, ou le matin lorsque le brouillard se perd dans l'Arve, aux heures des jeux changeants de lumière et d'ombre, pour lesquelles Virgile paraît avoir écrit ce beau vers:

«Majoresque cadunt altis de montibus umbrae.»

Le bois Bouchet se prolonge jusqu'au village des Praz, joliment situé entre l'Arve et l'impétueux torrent de l'Arveyron échappé de la Mer de glace. Les Praz sont une annexe de Chamonix dont ils ne sont d'ailleurs distants que de deux kilomètres et demi.

L'Aiguille du Dru.

Au delà, le bois Bouchet reprend plus solitaire et moins humide. Mais il a changé de nom. Est-ce parce qu'on aperçoit l'obélisque du Dru entre les sapins qu'on l'a appelé le Paradis des Praz? C'est de là qu'il faut aller guetter le Dru dans ses incessantes transformations.

La petite plaine de Chamonix se termine à quatre kilomètres des Praz au village des Tines, à l'entrée d'une région plus sauvage et plus boisée.