Requin et Grépon, vus de la Bédière.
Le panorama du Col du Géant compte parmi les plus réputés: de gauche à droite, la vue s'étend sur les Alpes Pennines, le Mont-Rose, le Grand Combier, le Cervin, le Massif du Grand Paradis, la Grivola, la Grande Casse, l'Argentera, les Alpes-Maritimes, les Écrins et toutes les Alpes Dauphinoises. Tout près, formant un impressionnant premier plan, on distingue les Aiguilles Noire et Blanche de Peteret et le versant Est du Mont-Blanc qui s'élève encore à 1440 mètres au-dessus du col.
A gauche du col, se dresse la flèche sans rivale que les Français appellent Aiguille du Géant et les Italiens Dente del Gigante!
Le Mont-Blanc et la Pointe Sella.
Elle demeura longtemps inaccessible. Autour d'elle succombaient successivement toutes les aiguilles. Les Grandes Jorasses étaient domptées dès 1865, le Mont-Mallet était gravi en 1871, l'Aiguille de Rochefort en 1873, le Flambeau et l'Aiguille de Saussure en 1876. Seule, grâce à ses parois abruptes, l'Aiguille du Géant déjouait toutes les tentatives. C'est en vain, que les meilleurs alpinistes lui donnaient assaut: elle défiait leurs efforts. Mummery vient, en 1880, escorté de son célèbre guide Alexandre Burgner, et celui devant qui avait cédé le Grépon dut s'avouer vaincu devant la grande plaque lisse qui défend le sommet de l'Aiguille. En se retirant de la lutte inégale, le grand alpiniste déclara que l'ascension était impossible par les seuls moyens humains. Cet aveu d'impuissance était en même temps un conseil. Dès 1882, les frères Sella s'installent dans la cabane du Géant: ils vont attaquer l'Aiguille au burin et au marteau; ils entaillent la roche, y scellent des crampons de fer et finissent par enserrer l'obélisque dans un réseau de cordes par lesquelles à la force des bras, ils se hissent jusqu'au sommet. Désormais, l'Aiguille enchaînée sera maintes fois gravie.