—Le temps ne vous durera pas, dit-il. Vous dormirez.
—Oui, dit Sabine.
Elle essayait de sourire: mais sa lèvre tremblait.
—Christophe!... dit-elle tout à coup, en se redressant vers lui.
Il y avait dans sa voix un accent de détresse. Elle semblait dire:
—Restez! Ne partez pas!...
Il lui saisit la main, il la regarda, il ne comprenait pas l'importance qu'elle attachait à ce voyage de quinze jours; mais il n'attendait qu'un mot d'elle, pour lui dire:
—Je reste...
Au moment où elle allait parler, la porte de la rue s'ouvrit, et Rosa parut. Sabine retira sa main de la main de Christophe, et rentra précipitamment chez elle. Sur le seuil, elle le regarda une fois encore,—et disparut.
Christophe pensait la revoir dans la soirée. Mais, surveillé par les Vogel, suivi partout par sa mère, en retard comme toujours dans ses préparatifs de voyage, il ne put trouver un instant pour s'échapper hors de chez lui.