—Deux, comme les autres.
—Non, je t'en prie, une seule.
—Est-ce que tu n'as pas faim?
—Non, je n'ai pas grand'faim.
Mais elle n'en prenait qu'une aussi, et ils la pelaient avec soin, ils la partageaient en tout petits morceaux, ils tâchaient de la manger le plus lentement possible. Sa mère le surveillait. Quand il avait fini:
—Allons, prends-la donc!
—Non, maman.
—Mais tu es malade, alors?
—Je ne suis pas malade, mais j'ai assez mangé.
Il arrivait que son père lui reprochât de faire le difficile, et qu'il s'adjugeât la dernière pomme de terre. Mais Christophe se méfiait maintenant; et il la réservait sur son assiette pour Ernst, le petit frère, toujours vorace, qui la guettait du coin de l'œil depuis le commencement du dîner, et qui finissait par lui demander: