«Depuis ma quatrième année, la Musique commença d'être la première de mes occupations juvéniles. Aussitôt que j'eus lié commerce avec la noble Muse, qui incitait mon âme à de pures harmonies, je l'aimai; et, à ce qu'il me sembla, elle me paya de retour. Maintenant, j'ai atteint le sixième de mes ans; et, depuis quelque temps, ma Muse, souventefois, dans les heures d'inspiration, me chuchotait à l'oreille: «Ose! Ose! Écris les harmonies de ton âme!»—«Six années! pensais-je; et comment oserais-je? Que diraient de moi les hommes savants dans l'art?» J'hésitais. Je tremblais. Mais ma Muse le voulut... J'obéis. J'écrivis.

«Et maintenant, aurai-je,

ô Très Sublime Altesse!

aurai-je la téméraire audace de déposer sur les degrés de Ton Trône les prémices de mes jeunes travaux?... Aurai-je la hardiesse d'espérer que Tu laisseras tomber sur eux l'auguste approbation de Ton regard paternel?...

« Oh! oui! car les Sciences et les Arts ont toujours trouvé en Toi leur sage Mécène, leur champion magnanime; et le talent fleurit sous l'égide de Ta sainte protection.

«Plein de cette foi profonde et assurée, j'ose donc m'approcher de Toi avec ces essais puérils. Reçois-les comme une pure offrande de ma vénération, et daigne, avec bonté,

ô Très Sublime Altesse!

jeter les yeux sur eux et sur leur jeune auteur, qui s'incline à Tes pieds, dans un profond abaissement!

De Sa Hautement Digne, Très Sublime Altesse,
le parfaitement soumis,
fidèlement, très obéissant serviteur,

Jean-Christophe Krafft.»