Kohn se remit à questionner Christophe. Il s'informait de tous les gens du pays, demandait ce qu'était devenu celui-ci, celui-là, mettant une coquetterie à montrer qu'il se souvenait de tous. Christophe avait oublié son antipathie; il répondait, avec une cordialité reconnaissante, donnant une foule de détails, qui étaient absolument indifférents à Kohn, et qu'il interrompit de nouveau.

—Pardon, fit-il encore.

Et il alla saluer une autre visiteuse.

—Ah! ça, demanda Christophe, il n'y a donc que les femmes qui écrivent en France?

Kohn se mit à rire, et dit avec fatuité:

—La France est femme, mon cher. Si vous voulez arriver, faites-en votre profit.

Christophe n'écouta point l'explication, et continua les siennes. Kohn, pour y mettre fin, demanda:

—Mais comment diable êtes-vous ici?

Voilà! pensa Christophe. Il ne savait rien. C'est pourquoi il était si aimable. Tout va changer, quand il saura.

Il mit un point d'honneur à conter tout ce qui pouvait le compromettre: la rixe avec les soldats, les poursuites contre lui, sa fuite du pays.