Bist du doch nicht Regente,
Der alles führen soll,
Gott sitzt im Regimente,
Und führet alles wohl.
«Ce n'est pas toi qui règnes
et qui dois tout conduire.
C'est Dieu. Dieu est le roi,
Il mène tout comme il doit!»
Et quand venait cette strophe de superbe défi, qu'il avait, avec son insolence de jeune barbare, arrachée tranquillement de sa place primitive dans l'ensemble du poème, pour en faire la conclusion de son Lied:
Und ob gleich alle Teufel
Hier wollten widerstehn,
So wird doch ohne Zweifel
Gott nicht zurücke gehen:
Was er ihm vor genommen,
Und was er haben will,
Das muss doch endlich kommen
Zu seinem Zweck und Ziel.
«Et quand bien tous les diables
voudraient s'y opposer,
sois calme, ne doute pas!
Dieu ne reculera point.
Ce qu'il a décidé,
ce qu'il veut accomplir,
cela sera, cela se fera,
Il viendra à ses fins!»
... alors, c'était un transport d'allégresse, l'ivresse de la bataille, un triomphe d'Imperator romain.
Le vieillard tremblait de tout son corps. Il suivait, haletant, l'impétueuse musique, comme un enfant qu'un compagnon entraîne dans sa course, en le tenant par la main. Son cœur battait. Ses larmes ruisselaient. Il bégayait:
—Ah! mon Dieu!... Ah! mon Dieu!...
Il se mit à sangloter, et il riait. Il était heureux. Il suffoquait. Il fut pris d'une terrible quinte de toux. Salomé, la vieille servante, accourut, et elle crut que le vieux allait y passer. Il continuait de pleurer, de tousser, et de répéter:
—Ah! mon Dieu!... mon Dieu!... et, dans les courts moments de répit, entre deux accès de toux, il riait d'un petit rire aigu et doux.