—D'abord, je voudrais qu'on m'aime.
Marthe cousait, en silence. Après un moment, elle dit:
—Et à quoi cela te servira-t-il, si tu n'aimes pas?
Jacqueline, interloquée, s'exclama:
—Mais, tante, bien sûr que je ne parle que de ce que j'aime! Le reste, ça ne compte pas.
—Et si tu n'aimais rien?
—Quelle idée! On aime toujours, toujours.
Marthe secouait la tête, d'un air de doute.
—On n'aime pas, dit-elle. On veut aimer. Aimer est une grâce de Dieu, la plus grande. Prie-le qu'il te la fasse.
—Et si on ne m'aime pas?