Christophe, se levant, alla au piano, et dit à Olivier:
—Veux-tu que je te chante une mélodie de Brahms?
—De Brahms? dit Olivier. Tu joues maintenant de ton vieil ennemi?
—C'est la Toussaint, dit Christophe. Jour de pardon pour tous.
Il chanta, à mi-voix, pour ne pas réveiller l'enfant, quelques phrases d'un vieux lied populaire de Souabe:
... Für die Zeit, wo du g'liebt mi hast
Da dank'i dir schön,
Und i wünsch', dass dir's anderswo
Besser mag geh'n...
(«Pour le temps où tu m'as aimé, je te remercie, et je souhaite qu'ailleurs ce soit mieux pour toi...»)
—Christophe! dit Olivier.
Christophe le serra sur sa poitrine.
—Va, mon petit, lui dit-il, nous avons le bon lot.