[1]La Révolte.

[2]La Foire sur la Place.


[DANS LA MAISON]

PRÉFACE
À LA PREMIÈRE ÉDITION

AUX AMIS DE JEAN-CHRISTOPHE

Depuis des années, J'ai si bien pris L'habitude de causer mentalement avec mes amis absents, connus et inconnus, que J'éprouve aujourd'hui le besoin de le faire à voix haute. Je serais un ingrat, si je ne les remerciais pour tout ce que je leur dois. Depuis que j'ai commencé d'écrire cette longue histoire de Jean-Christophe, c'est avec et pour eux que j'écris. Ils m'ont encouragé, suivi avec patience, réchauffé de leur sympathie. Si j'ai pu leur faire quelque bien, ils m'en ont fait beaucoup plus. Mon ouvrage est le fruit de nos pensées unies.

Lorsque j'ai débuté, je n'osais pas espérer que nous serions plus d'une poignée d'amis: mon ambition ne dépassait pas la maison de Socrate. Mais, d'année en année, j'ai senti davantage combien nous étions de frères à aimer les mêmes choses, à souffrir des mêmes choses, en province comme à Paris, hors de France comme en France. J'en ai eu la preuve, quand parut le volume, où Christophe décharge sa conscience—et la mienne,—en disant son mépris pour La Foire sur la Place. Aucun de mes livres n'a éveillé un écho plus immédiat. C'est qu'il n'était pas seulement ma voix, mais celle de mes amis. Ils savent bien que Christophe est à eux autant qu'à moi. Nous avons mis en lui beaucoup de notre âme commune.

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Puisque Christophe leur appartient, je dois à ceux qui me lisent quelques explications sur le volume que je leur présente aujourd'hui. Pas plus que dans La Foire sur la Place, ils ne trouveront ici d'aventures de roman, et la vie du héros y semble interrompue.