—On t'a fait de la peine?
—Oui.
—Qu'est-ce qu'on t'a fait?
Le petit débonda son cœur. Il dit qu'il était laid. Il dit que ses camarades avaient dit que leur révolution n'était pas pour lui.
—Elle n'est pas pour eux non plus, mon petit, ni pour nous. Ce n'est pas l'affaire d'un jour. On travaille pour ceux qui viendront après nous.
Le petit était déçu que ce fût pour si tard.
—Est-ce que cela ne te fait pas plaisir de penser qu'on travaille pour donner le bonheur à des milliers de garçons comme toi, à des millions d'êtres?
Emmanuel soupira et dit:
—Ça serait pourtant bon, d'avoir un peu de bonheur, soi-même.
—Mon petit, il ne faut pas être un ingrat. Tu vis dans la plus belle ville, dans l'époque la plus riche en merveilles; tu n'es pas bête, et tu as de bons yeux. Pense à ce qu'il y a de choses à voir et à aimer autour de soi.