—Rien!

(Même en offrant le partage, elle comptait reprendre tout.)

Mais d'un élan, se levant de sa chaise, elle courut vers Annette, debout, et glissant à ses genoux, elle lui enlaça les jambes:

—Pardon!... Est-ce que je sais, est-ce que je sais ce que je demande? Est-ce que je sais ce que je veux?...

Mais je suis malheureuse, je ne puis pas le supporter... Qu'est-ce que je puis faire? Dites-le-moi! Aidez-moi!

—Vous aider! Moi? dit Annette.

—Vous. À qui puis-je m'adresser, pour avoir un secours?... Je suis seule. Seule avec cet homme qui, même quand il aime, on ne l'intéresse pas, on ne peut pas se confier... Et avant lui, une mère qui n'était occupée que d'elle, de ses plaisirs... Personne pour me conseiller... Je n'ai pas une amie... Lorsque je vous ai vue, j'ai pensé que vous le seriez. Et vous avez été la pire de mes ennemies... Pourquoi me faites-vous du mal?

Annette, bouleversée:

—Ma pauvre enfant, ce n'est pas ma faute! Je ne le voulais pas...

Noémi se jeta sur ce mot de pitié: