a) En expliquant l'impérialisme par l'histoire? Le procédé est trop facile, paresseux et dangereux. «L'homme doit-il être la création de l'histoire? Non, mais son créateur».—Condamnation du fatalisme historique.

b) Expliquera-t-on l'impérialisme par la «Realpolitik»? Elle n'est pas moins énergiquement condamnée.

«Je suis tenté de définir les Realpolitiker comme des gens qui vont, les yeux fermés sur les réalités essentielles du monde et de l'homme... La Realpolitik a souvent raison, pour l'instant; mais elle a toujours tort, en fin de compte... La guerre d'aujourd'hui est issue de la fausseté périlleuse de la Realpolitik. Le mot de la Realpolitik: «Si vis pacem, para bellum» a été appliqué jusqu'à l'absurde, pour le désastre de l'humanité. Il est décourageant de voir que nous ne sommes pas encore guéris de ce fléau. La seule explication du pouvoir de la Realpolitik sur l'esprit de tant de gens vient de leur incroyance foncière dans la réalité du bien, du divin dans l'homme.» (Schmidhauser).

B. Du point de vue utilitariste?

Il y a des hommes qui combattent un impérialisme, parce qu'il est ou peut être nuisible à la Suisse, et qui favorisent les autres. La Zofingia flétrit sévèrement ces tendances. Certes, il est urgent de réagir davantage contre le premier impérialisme, mais il faut les proscrire tous; car «ce que nous cherchons, c'est à nous placer d'un point de vue généralement humain.» (H.-W. Lôw, de Bâle.)

C. Du point de vue idéaliste?

Cela ne vaut pas mieux. La Zofingia dénonce l'hypocrisie idéologique d'aujourd'hui, qui recouvre de son manteau la brutale politique d'intérêts. Elle met en garde contre d'autres dangers de l'idéalisme abstrait, qui ne prend pas sa source dans l'observation véridique de la réalité. Celui qui s'enferme dans ses idées, qui oppose la pensée vide à la vie, qui prétend édicter des jugements absolus,—tout ou rien,—sans égards aux circonstances et aux nuances multiples de la réalité, fait preuve d'un dangereux orgueil et d'une légèreté coupable.

D. Synthèse des points de vue précédents

Un réalisme sans idéalisme n'a pas de sens. Un idéalisme sans réalisme n'a pas de sang. Le vrai idéalisme veut la vie totale et sa réalisation intégrale. Il est la connaissance la plus profonde de la réalité vivante, dans la conscience humaine et dans les faits; et cette connaissance est notre meilleure arme.

PREMIÈRE PARTIE