Israel ZANGWILL (Angleterre); Stefan ZWEIG (Autriche allemande).

M. Emilio-H. del Villar, directeur de l'Archivo Geografico de la Peninsula Ibérica, de Madrid, nous a fait parvenir un manifeste: Por la causa de la civilizacion, publié dans les journaux de Madrid, en juin dernier, et inspiré de sentiments analogues à ceux de notre Déclaration. Ce manifeste est signé d'une centaine d'écrivains et savants espagnols, professeurs aux Universités. M. Emilio H. del Villar envoie son adhésion et celle des signataires du manifeste espagnol à la Déclaration d'Indépendance de l'Esprit.

Nous regrettons de ne pouvoir faire figurer sur cette liste[100] nos amis de Russie, dont nous sépare encore le blocus des gouvernements; mais nous leur gardons leur place parmi nous. La pensée russe est l'avant-garde de la pensée du monde.

R. R.

Août 1919.

NOTE APPENDICE A L'ARTICLE XX

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Un Grand Européen
G.-F. Nicolaï, p. 167

Il y a lieu d'apporter une rectification aux reproches adressés par G.-F. Nicolaï aux diverses sectes chrétiennes. Leur opposition à la guerre a été, en plusieurs pays d'Europe, beaucoup plus vive qu'on ne l'a dit généralement. Mais comme le pouvoir l'a étouffée violemment, en faisant le silence autour, ce n'est que depuis la fin de la guerre que se sont révélés ces révoltes de conscience et ces sacrifices. Sans parler des milliers de Conscientious Objectors, aux Etats-Unis et surtout en Angleterre, où M. Bertrand Russell s'est fait leur défenseur et leur interprète, M. Paul Birukoff a attiré mon attention sur l'attitude des Nazarénens de Hongrie et de Serbie, qui ont été fusillés en masse, des Tolstoyens, Doukhobors, Adventistes, jeunes Baptistes, etc., en Russie. Quant aux Mennonites, d'après les renseignements de M. le Dr Pierre Kennel, ils ont, aux Etats-Unis, refusé en grande majorité de souscrire aux emprunts de guerre, et ils n'ont pas été astreints au service militaire; mais ils se sont engagés pour aider à la reconstruction des régions dévastées du Nord de la France. En Russie tsariste et en plusieurs Etats d'Allemagne, ils ont été autorisés à ne servir dans l'armée que comme infirmiers, ou auxiliaires. En France, un décret de la Convention, respecté par Napoléon, les classait aussi dans les services auxiliaires. Mais la Troisième République n'en a pas tenu compte.