On voit que, sur ce point, Lully était d’accord avec La Fontaine. Mais il est assez plaisant que le malin Florentin ait conquis la rivale, qu’on se plaisait à lui opposer. Mlle Certain (ou Certin) était toute jeunette, au temps où La Fontaine écrivait son Épître: elle était alors élève de De Niert, et elle n’avait pas plus de quinze ans. Plus tard, dit Walckenäer, «après que ses talents furent développés par Lully, elle devint célèbre par les beaux concerts qu’elle donnait chez elle, et où les plus habiles compositeurs faisaient porter leur musique.»
[255] Furetière, cité par Lecerf.
[256] Voir, dans le Bourgeois Gentilhomme, comment le maître de musique s’y prend pour composer une sérénade:
LE MAITRE DE MUSIQUE (à son Élève).—Est-ce fait?
L’ÉLÈVE.—Oui.
. . . . . . . .
LE MAITRE DE MUSIQUE.—Voyons... Voilà qui est bien.
LE MAITRE A DANSER.—Est-ce quelque chose de nouveau?
LE MAITRE DE MUSIQUE.—Oui, c’est un air pour une sérénade, Que
je lui ai fait composer, en attendant que notre homme fût éveillé...
Du moins, ici, le maître rend justice à son «écolier».
[257] Lecerf de la Viéville.
[258] «Il n’y avait d’exception que pour le comte de Fiesque, qui en pouvait lire et chanter quelques morceaux; et il en était extrêmement discret.»
[259] Jean-François Lalouette (1651-1728), bon violoniste, fut maître de chapelle à Saint-Germain-l’Auxerrois et à Notre-Dame; il écrivit des cantates et des motets. Pascal Collasse, de Reims (1649-1709), fut maître de la musique de la chambre, et composa de nombreux opéras. Marin Marais (1656-1728), virtuose renommé sur la basse de viole, écrivit aussi des opéras, dont un, l’Alcyone de 1706, fut célèbre.
M. Pougin suppose que Lully avait, au moins dans les premiers temps, son clavecin à l’orchestre de l’Opéra, comme il l’avait dans le théâtre de Molière.
[260] Lecerf ajoute: «C’était la mesure de la légèreté de main qu’il leur demandait. Vous voyez que ce terme de vitesse est raisonnable et borné».
Cette observation donnerait à penser que, déjà, du temps de Lecerf, les mouvements de Lully étaient joués plus lentement.—Le choix de cette page d’Atys n’était pas si mauvais. Il y faut beaucoup de précision nerveuse dans l’attaque: qualité à laquelle Lully tenait par dessus tout...