Sur la colline, le starschina, assis par terre, le regardait courir, et il s'esclafait, se tenant le ventre à deux mains. Et Pakhom tomba.

—«Ah! Bravo, mon gaillard, tu as acquis beaucoup de terre.»

Le starschina se leva, jeta au domestique de Pakhom une pioche:

—«Voilà, enterre-le.»

Le domestique resta seul. Il creusa à Pakhom une fosse, juste de la longueur des pieds à la tête: trois archines,—et il l'enterra.

Presque tous ces contes renferment sous leur poétique enveloppe la même morale évangélique de renoncement et de pardon:

Ne te venge pas de qui t'offense[212].

Ne résiste pas à qui te fait du mal[213].

C'est à moi qu'appartient la vengeance, dit le Seigneur[214].

Et partout et toujours, pour conclusion, l'amour. Tolstoï, qui voulait fonder un art pour tous les hommes, a atteint du premier coup à l'universalité. L'œuvre a eu, dans le monde entier, un succès qui ne peut cesser: car elle est épurée de tous les éléments périssables de l'art; il n'y a plus rien là que d'éternel.