Elle trouva la porte livrée au désordre et à la mauvaise humeur. Les jouvencelles de faction aux piliers avaient refusé de mâcher la raclure de cire, sous prétexte que cela leur faisait mal aux mandibules, et hurlaient après de la drogue vierge.

«Tout, mais qu'on en finisse! dirent les gardiennes harcelées. Allons, en grappe, celles à qui cela chante, et fabriquez-nous de la cire pour ces sœurs à la dent feignante!»

Avant qu'une abeille puisse fabriquer de la cire, il lui faut se gorger de miel. Alors, elle grimpe à la recherche d'un appui solide, et reste là, suspendue, tandis que d'autres abeilles repues s'accrochent à elle en grappe. Alors, elles attendent en silence que la cire vienne. Les écailles sont enlevées des poches de la fabricante par les ouvrières, ou tombent en tintant sur ces ouvrières tandis qu'elles attendent également. Celles-ci les mâchent (non mâchées, elles ne servent à rien) en cette cire de la Ruche qui tout soutient et tout englobe.

Et voilà, maintenant, que la grappe à cire à peine en position, les ouvrières du dessous recommencent à rouspéter.

«Descendez! Descendez travailler! Allons, tas de Turques parasites! N'allez pas vous mettre en tête que vous allez jouir là-haut, tandis que nous sommes ici en bas à nous esquinter!»

La grappe tressaillit. De patte de devant à patte de derrière, un malaise l'avait parcourue toute. A la fin, une ouvrière s'élança, empoigna la cirière la plus basse, et resta suspendue, à gigoter au-dessus de ses compagnes.

«Moi aussi, je ferai bien de la cire! brailla-t-elle. Qu'on me remplisse le ventre, et je vous en ferai des tonnes!

—Faites-en, alors!» dit l'abeille à laquelle elle s'était accrochée.

Le mot interrompit le courant qui tenait la grappe ensemble. Celle-ci se secoua et rayonna comme une fourrure de chat dans les ténèbres.

«Décroche! murmura-t-elle. Pas de cire pour personne, aujourd'hui.