Ce soir-là, je dînai avec le Taipan dans un palais.
On dit que le prince-marchand de Calcutta est mort, tué par la Bourse.
Hong-Kong devrait être en état d’en fournir un ou deux échantillons.
Ce qu’il y a de plaisant au milieu de toute cette opulence, — une opulence comme on en voit dans les romans, — c’est la singulière déférence qu’on témoigne à l’égard de Calcutta.
Consolez-vous grâce à cela, Gentlemen du Fossé, car, par ma foi, c’est bien la seule chose dont vous puissiez vous faire gloire.
A ce dîner, j’appris que Hong-Kong est imprenable et que la Chine se hâtait d’importer des canons de douze et de quarante tonnes pour la défense de ses côtes.
J’eus des doutes sur l’une de ces assertions, mais l’autre était la vérité.
Ceux qui ont occasion de parler de la Chine dans ces régions le font en termes respectueux, comme qui dirait : « L’Allemagne va faire ceci ou cela » ou bien : « Telle est la manière de voir de la Russie ».
Les mêmes hommes qui parlent ainsi font tout leur possible pour faire pénétrer dans le Grand Empire tous les stimulants de l’Ouest, chemins de fer, lignes de tramways, et le reste.
Qu’arrivera-t-il si la Chine se réveille pour tout de bon, crée une ligne de Shanghaï à Lhassa, puis une ligne de steamers pour les immigrants du drapeau impérial jaune, si elle se charge elle-même de diriger ses manufactures de canons et ses arsenaux ?