— Il ne s’agit pas de politique, répondis-je. Ce peuple devrait être exterminé parce qu’il n’a rien de commun avec aucun des peuples que j’ai rencontrés jusqu’à ce jour. Regardez leurs figures ; ils nous méprisent, vous pouvez voir cela, et ils ne nous redoutent pas le moins du monde.

Alors Ah Cum nous conduisit par des rues sombres au Temple des Cinq Cents Génies qui était une des choses à voir dans cette lapinière.

C’était un temple bouddhiste, avec les accessoires usuels : autels, lumières sur les autels, figures colossales de gardiens aux portes.

Autour de la cour intérieure s’étend un corridor dont les deux faces sont couvertes de figures de deux grandeurs représentant la plupart des races de l’Asie.

On dit que plusieurs Pères Jésuites figurent dans cette galerie. Vous trouverez cela indiqué en détail dans les Guides de voyageurs — et voici l’image d’un bon vivant en chapeau, avec toute la barbe, mais nu jusqu’à la ceinture, comme toutes les autres :

— Ce gentleman européen, dit Ah Cum, c’est Marco Polo.

— Tirez-en le meilleur parti possible, dis-je. Un temps viendra où il n’y aura plus de gentlemen européens, où il n’y aura plus que des Jaunes à l’âme noire — à l’âme noire, Ah Cum, et qui tiendront du diable leur père l’aptitude à faire plus de travail qu’ils ne devraient.

— Venez voir une horloge, dit-il, vieille horloge. Elle marche par l’eau. Allons, venez !

Il nous conduisit dans un autre temple et nous montra une vieille clepsydre contenant huit gurrahs, exactement le même genre d’objets dont on se servait dans les régions écartées de l’Inde pour tenir lieu de veilleurs.

Le Professeur jure que cette machine, qui est censée donner l’heure à la ville, se règle sur les cloches des steamers du fleuve, attendu que l’eau de Canton est trop épaisse pour couler dans un tube qui aurait moins d’un demi-pouce de diamètre.