Marchez en tête, meneurs de la Police de Calcutta. Nous n’aimons pas cette rangée de portes ouvertes, ces lampes qui flamboient à l’intérieur, cette vision furtive de tables de toilette en camelote, qui ont pour ornements des petits chiens en plâtre, des boules de verre provenant d’arbres de Noël, et aussi, — on a beau être des femmes déchues, on ne méprise pas pour cela la religion — des gravures de piété, et des statuettes de la Vierge.
Cette rue-là est longue, et il en part d’autres rues pleines de ces pitoyables marchandises.
— Pourquoi sont-elles si tranquilles ? Pourquoi cette absence de vacarme, de chansons, de cris ?
— Pourquoi en feraient-elles, les pauvres diablesses ? dit le Policier.
Et il conte d’horribles histoires de femmes attirées par ruses, et tuées d’une balle dans ce piège.
Puis ce sont d’autres récits qui réduisent à rien votre croyance aux choses et aux gens de bonne réputation.
— Vous autres, de la Police, comment pouvez-vous avoir foi en l’espèce humaine ?
— C’est que vous voyez tout cela en un tas, en même temps, et de cette façon-là, ce n’est pas très beau. Il y a de quoi vous faire bondir, n’est-ce pas ? Mais, ne l’oubliez pas, vous avez demandé à voir les pires endroits, et vous n’avez pas le droit de vous plaindre.
— Qui est-ce qui se plaint ? Sortez vos atrocités. Cette femme sur cette porte-ci, n’est-ce pas une Européenne ?
— Oui, mistress D… veuve d’un soldat, et mère de sept enfants.