—Je vais appeler Mowgli pour qu’il te les dise... s’il est disposé. Viens, Petit Frère!
—Ma tête sonne comme un arbre à abeilles, dit une petite voix maussade au-dessus de leurs têtes.
Et Mowgli se laissa glisser le long d’un tronc d’arbre. Il avait la mine fâchée, et ce fut avec indignation qu’au moment de toucher le sol il ajouta:
—Je viens pour Bagheera et non pour toi, vieux Baloo!
—Cela m’est égal,—dit Baloo, froissé et peiné.—Répète alors à Bagheera les Maîtres Mots de la jungle, que je t’ai appris aujourd’hui.
—Les Maîtres Mots pour quel peuple?—demanda Mowgli, charmé de se faire valoir.—La jungle a beaucoup de langues, et moi je les connais toutes.
—Tu sais quelque chose, mais pas grand’chose... Vois, Bagheera, ils ne remercient jamais leur maître. Jamais le moindre louveteau vint-il remercier le vieux Baloo de ses leçons?... Dis le mot pour les Peuples Chasseurs, alors... grand savant.
—Nous sommes du même sang, vous et moi, dit Mowgli en donnant aux mots l’accent ours dont se sert tout le peuple chasseur.
—Bien... Maintenant, pour les oiseaux.
Mowgli répéta, en ajoutant le cri du vautour à la fin de la sentence.