Le jour paraît au moment où G. pénètre en trébuchant dans le jardin.

LE CAP. M. (retenant son cheval à la grille au moment où il passe pour se rendre à la manœuvre, et très gravement). — Mon vieux, comment cela va-t-il ?

LE CAP. G. (ébloui). — Je ne sais pas bien. Arrête un instant. Viens prendre un verre ou quelque chose. Ne te sauve pas. C’est le moment où cela devient drôle. Ha ! ha !

LE CAP. M. (à part). — Qu’est-ce qui m’arrive ? Gaddy a vieilli de dix ans en une nuit.

LE CAP. G. (lentement, tout en maniant la têtière du cheval). — Ta gourmette est trop lâche.

LE CAP. M. — En effet. Remets-la comme il faut, veux-tu ? (A part.) Je vais être en retard pour la manœuvre. Pauvre Gaddy.

LE CAP. G. attache et détache la gourmette sans savoir ce qu’il fait, et finalement reste là debout à regarder du côté de la verandah. Le jour grandit.

LE DOCTEUR (sorti de la gravité professionnelle, piétinant à travers les corbeilles de fleurs pour venir serrer la main à G.) — C’est… c’est… c’est !… Gadsby, il y a des chances… de sacrées chances ! L’étincelle, vous savez ! La transpiration, vous savez ! Je l’avais bien deviné. Le punkah, vous savez ! Une femme diantrement intelligente, votre ayah. Elle a arrêté le punkah juste au bon moment. De sacrées chances ! Non… vous n’entrerez pas. Nous allons la tirer de là, je vous le promets sur ma réputation… si Dieu le permet. Envoyez un homme avec ce billet chez Bingle. Deux têtes valent mieux qu’une. Surtout l’ayah ! Nous allons la tirer de là. (Il bat précipitamment en retraite dans la maison.)

LE CAP. G. (la tête sur le cou du cheval de M.) — Jack ! Je gr… gr… grois que j’… j’… je bais me donner salement en spectagle.

LE CAP. M. (reniflant ouvertement et tâtant dans sa manchette de gauche). — Je b’… b’… je b’y donne déjà. Mon vieux, que te dire ? Je suis si gontent… Le diable d’emporte, Gaddy ! Du es un grand idiot, et boi, un autre. (Se reprenant.) Attention ! Voici venir Trompe-le-Diable.