G. — Que diable cela peut-il avoir à faire avec mon cas ? Il fallait que cet homme-là fût fou, ou sa femme pas grand’chose de rare.
M. (à part). — Pas ta faute si les deux n’étaient pas tout ce que tu dis. Tu as oublié le temps où la Herriott t’avait fait perdre la raison. Tu as toujours eu le don d’oublier. (Haut.) Pas plus fou que les gens qui vont à l’autre extrême. Sois raisonnable, Gaddy. Les poutres de ton toit sont assez solides.
G. — Ce n’était qu’une façon de parler. Je me suis toujours senti inquiet et tracassé au sujet de ma femme depuis cette affreuse affaire d’il y a trois ans… quand… j’ai failli la perdre. Peux-tu t’en étonner ?
M. — Oh ! un obus ne tombe jamais deux fois à la même place. Tu as payé ta part de malheur… Pourquoi serait-ce ta femme qui se trouverait choisie plutôt que celle d’un autre ?
G. — S’il ne s’agissait que de parler, je peux le faire tout aussi raisonnablement que toi, mais tu ne comprends pas… tu ne comprends pas. Et puis il y a le butcha. Dieu seul sait où son ayah le mène s’asseoir quand arrive le frais ! Il a un petit commencement de rhume. N’as-tu pas remarqué ?
M. — La bonne blague ! Le brigadier crève de santé. Il a le museau comme une feuille de rose et le coffre d’un poulain de deux ans. Qu’est-ce qui a bien pu te démoraliser ?
G. — La frousse. En un mot comme en cent : la frousse !
M. — Mais qu’est-ce qu’il y a pour y donner lieu ?
G. — Tout. C’est effarant.
M. — Ah ! je devine.