BLAYNE. — Je suppose que Gaddy amènera sa femme ici à la fin du froid. Ils se marient presque immédiatement, je crois.

CURTISS. — Gaddy peut remercier son étoile de ce que les Hussards Roses sont tous en détachement et pas au quartier général pendant ces chaleurs, sans quoi il se trouverait arraché aux bras de son amour, sûr comme la mort. Avez-vous jamais remarqué la liberté d’esprit avec laquelle la cavalerie britannique s’adonne au choléra. C’est parce qu’ils coûtent si cher. Si les Roses avaient tenu bon ici, ils seraient partis camper il y a un mois. Oui, je voudrais bien décidément être à la place de Gaddy.

MACKESY. — Il ira au pays après son mariage, et donnera sa démission… vous verrez cela.

BLAYNE. — Pourquoi ne le ferait-il pas ? N’a-t-il pas de l’argent ? Est-ce qu’il y en aurait ici un seul d’entre nous si nous n’étions pas tous des gueux ?

DOONE. — Pauvre vieux gueux ! Que sont devenues les six cents roupies que vous avez subtilisées à notre table le mois dernier ?

BLAYNE. — Elles se sont donné des ailes. Je crois qu’un commerçant quelque peu entreprenant en a eu sa part, et qu’un shroff[10] a gobé le reste… Ou, pour mieux dire, je les ai dépensées.

[10] Usurier.

CURTISS. — Gaddy, lui, n’a jamais de sa vie eu affaire à un shroff.

DOONE. — Vertueux Gaddy ! Si j’avais, moi, trois mille roupies par mois, qui me viennent d’Angleterre, je ne crois pas que j’aurais affaire à un shroff.

MACKESY (bâillant). — Oh ! c’est une vie délicieuse ! Je me demande si le mariage en augmenterait le charme.