BLAYNE. — C’est un petit type nerveux. Qu’est-ce qu’il a, cette fois-ci ?

ANTHONY. — Ne saurais trop dire. Le ventre très mauvais et jusqu’ici une peur bleue. Il m’a demandé tout de suite si c’était le choléra, et je lui ai répondu de ne pas faire la bête. Cela l’a calmé.

CURTISS. — Pauvre diable ! La frousse fait la moitié de la besogne chez un homme de cet acabit.

ANTHONY (allumant un cheroot). — Je crois fermement que la frousse le tuera s’il reste en bas. Vous savez la somme d’ennui qu’il a causée à Fewton pendant ces trois dernières semaines. Il fait tout ce qu’il peut pour mourir de peur.

CHŒUR GÉNÉRAL. — Pauvre petit diable ! Pourquoi ne s’en va-t-il pas ?

ANTHONY. — Ne peut pas. Il a sa permission en règle, mais il est tellement à fond de cale qu’il ne peut la prendre, et je ne crois pas que sa signature vaudrait quatre annas. Ceci en confidence, toutefois.

MACKESY. — Toute la station le sait.

ANTHONY. — « Je suppose qu’il me faudra mourir ici », a-t-il dit, en se tordant en travers de son lit. Il est absolument persuadé qu’il va s’en aller ad patres. Et je sais pertinemment qu’il n’a rien de plus qu’un ventre de temps humide, si seulement il pouvait prendre un peu le dessus.

BLAYNE. — C’est mauvais, c’est très mauvais. Pauvre petit Miggy ! Bon petit type tout de même. Dites donc ?

ANTHONY. — Quoi « dites donc » ?