LE CAP. G. — Pour sûr, je n’en sais rien. Ne parlez pas si haut !

MRS. H. — Conservons la correction, ô Seigneur, quoi qu’il arrive. N’ayez pas peur que je vous compromette. Vous avez trop bien choisi votre terrain, et j’ai été convenablement élevée. (Baissant son éventail.) N’avez-vous pas de pitié, Pip, si ce n’est pour vous-même ?

LE CAP. G. — Ne serait-il pas quelque peu impertinent de ma part de dire que je suis fâché pour vous ?

MRS. H. — Je crois que vous l’avez déjà dit une ou deux fois. Vous devenez très soucieux de mes sentiments. Mon Dieu, Pip, j’étais jadis une honnête femme ! Vous le disiez. Vous m’avez faite ce que je suis. Qu’allez-vous faire de moi ? Qu’allez-vous faire de moi ? Vous ne voulez pas même dire que vous êtes fâché ? (Elle se sert des asperges glacées.)

LE CAP. G. — Je suis fâché pour vous, s’il vous faut la pitié d’une brute comme moi. Je suis horriblement fâché pour vous.

MRS. H. — Quelque peu bénin pour un homme du monde. Pensez-vous vous sauver par cet aveu ?

LE CAP. G. — Que puis-je faire ? Je ne peux que vous dire ce que je pense de moi-même. Vous ne pouvez en penser pire ?

MRS. H. — Oh ! oui, je le peux. Et maintenant, voulez-vous me dire la raison de tout cela ? Du remords ? Bayard a-t-il été soudain frappé de scrupule.

LE CAP. G. (avec colère, les yeux toujours baissés). — Non ! La chose a pris fin de mon côté. C’est tout. Mafisch !

MRS. H. — « C’est tout. Mafisch ! » Comme si j’étais un interprète arabe. Vous faisiez jadis de plus jolis discours. Vous rappelez-vous lorsque vous disiez ?…