DÉCOR. — Une chambre de célibataire. Table de toilette rangée avec un soin qui n’est pas naturel. LE CAPITAINE GADSBY dort et ronfle fort. Dix heures et demie du matin — une admirable journée d’automne à Simla. Entre avec précaution LE CAPITAINE MAFFLIN, du régiment de GADSBY. Regarde le dormeur, et branle la tête, en murmurant : « Pauvre Gaddy ! » Exécute une brillante fantaisie à l’aide des brosses à cheveux sur un dos de chaise.

LE CAP. M. — Éveillez-vous, belle endormie ! (Il rugit.)

« Uprouse ye, then, my merry, merry men !

It is our opening day !

It is our opening day ! »

Gaddy, voilà déjà longtemps que les petits pierrots piaillent et se becquettent ; et je suis ici !

LE CAP. G. (s’asseyant sur son séant et bâillant). — Bonjour. C’est diantrement bien à toi, mon vieux. Tout ce qu’il y a de bien. Ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. Sur mon âme, sais pas. N’ai pas fermé l’œil de la nuit.

LE CAP. M. — Je ne suis rentré qu’à onze heures et demie. J’ai jeté un coup d’œil sur toi, et tu paraissais dormir aussi profondément qu’un condamné à mort.

LE CAP. G. — Jack, si c’est pour faire de ces plaisanteries éventées à pleurer que tu es là, tu ferais tout aussi bien de t’en aller. (Avec une énorme gravité.) C’est le plus heureux jour de ma vie.

LE CAP. M. (riant tout bas d’un air menaçant). — Tu verras cela, mon garçon. Tu vas passer par quelques-unes des tortures les plus raffinées que tu aies jamais connues. Mais sois calme. Je suis avec toi. ’Ttention ! Alignement !