[16] Juges indigènes.

Naturellement ce sont là des choses qu'il faut éviter de rendre publiques, parce que, officiellement, les princes indigènes sont infaillibles, et parce que, officiellement, leurs États sont aussi bien administrés que nos territoires.

Il y a aussi les sommes données de la main à la main à divers personnages fort singuliers. Ce ne sont pas précisément des détails à mettre dans les journaux, bien qu'on y puisse trouver de temps en temps matière à une lecture divertissante.

Quand le gouvernement suprême est à Simla, c'est à Simla qu'on prépare ces papiers, c'est de là qu'ils sont envoyés par messager officiel aux bureaux ou par la poste aux gens qui doivent les voir.

Pour ce vice-roi, le principe du secret n'était pas moins important que la pratique, et il était d'avis qu'un despotisme paternel comme le nôtre ne doit laisser entrevoir qu'en temps opportun même de menus faits, comme la nomination d'un employé subalterne.

Il se faisait en tout temps remarquer par ses principes.

Il y avait en préparation à ce moment-là une très importante liasse de papiers. Il fallait porter cela à la main pour lui faire traverser Simla d'un bout à l'autre. Elle ne devait pas être mise dans une enveloppe officielle, mais dans une enveloppe grande, carrée, de couleur incarnat clair. Ce qu'elle contenait était écrit à la main sur du papier mince, plusieurs fois ployé.

C'était adressé «au Principal Employé…, etc.»

Or, entre le principal employé, etc., etc., et mistress Hauksbee, en accompagnant ce nom de quelques fioritures, la différence n'est pas très grande, surtout quand l'adresse est très mal écrite, comme c'était le cas.

Le chaprassi qui reçut l'enveloppe n'était pas plus idiot que la majorité des chaprassis.