Néanmoins la manière de voir des Hindous, qui est identique à la manière de voir des gens du continent, identique à la manière de voir primitive,—et qui consiste à arranger des mariages sans avoir égard aux inclinations personnelles des conjoints,—cette manière de voir est juste.

Qu'on y réfléchisse une minute, et l'on verra qu'il doit en être ainsi, à moins, naturellement, que vous ne croyiez aux «affinités».

Et dans ce cas, vous ferez mieux de ne pas lire ce récit.

Un homme qui n'a jamais été marié, un homme auquel on ne peut s'en rapporter pour choisir au premier coup d'œil un cheval de valeur bien ordinaire, un homme dont la cervelle est échauffée et bouleversée par des visions de bonheur domestique, peut-il être abandonné à lui-même pour le choix d'une femme.

Il a beau faire, il ne peut voir droit, penser droit, et tout cela se retrouve dans les imaginations d'une jeune fille.

Mais quand ce sont des gens mûrs, mariés, prudents qui arrangent une union entre un jeune garçon et une fillette, ils le font d'une manière raisonnable, en tenant compte de l'avenir, et par la suite le jeune couple vit heureux.

Chacun sait cela.

Parlons sérieusement.

Le gouvernement devrait établir un ministère matrimonial, pourvu d'un personnel capable, avec un jury de matrones, un juge de cour suprême, un chapelain-doyen, et un avertissement solennel, sous la forme d'un mariage d'inclination ayant mal tourné qui serait enchaîné aux arbres de la cour.

Tous les mariages se feraient par l'intermédiaire de ce ministère, qui pourrait être subordonné à celui de l'éducation, et on y appliquerait la même pénalité que celle dont on est châtié quand on opère un changement de propriété sans un acte sur papier timbré.