Les amusements n'ont aucune importance, parce qu'ils recommencent aussitôt après que vous les avez terminés, et que la plupart du temps, s'amuser signifie essayer de gagner l'argent d'autrui.

La maladie n'a aucune importance, parce qu'elle est pain quotidien, et que si vous mourez, un autre prend votre place dans les huit heures qui s'écoulent entre votre mort et votre enterrement.

Rien n'a d'importance que les congés à passer au pays, et les soldes sur le pied d'activité, parce que les uns et les autres sont rares.

C'est le pays de la négligence, le pays Koucha, où tout le monde travaille avec des outils imparfaits. Le parti le plus sage est de ne prendre au sérieux ni personnes, ni choses, et de s'en évader, aussitôt qu'on peut, dans un endroit où l'amusement est un amusement et où il vaille la peine de se faire une réputation.

Mais ce Jeune Garçon,—l'histoire est aussi vieille que les collines,—ainsi expatrié, prit tout au sérieux.

Il était gentil; il fut choyé.

Il prit au sérieux ces gâteries, et se fit bien du mauvais sang pour des femmes qui ne méritaient pas qu'on sellât un poney pour aller leur rendre visite.

Il trouva beaucoup de charme à la libre vie qu'il goûtait dans l'Inde pour la première fois. Elle paraît attrayante dans le commencement, à celui qui juge les choses en officier subalterne,—ne voit que poneys, camarades de jeu, danses, et le reste. Il en tâta comme les petits chiens goûtent au savon: seulement il en goûta sur le tard et alors que sa dentition était complète.

Il n'eut pas l'instinct de l'équilibre, tout comme le petit chien, et ne put comprendre pourquoi il n'était pas traité avec autant d'égards que sous le toit paternel.

Cela heurtait ses sentiments.