Il nous fallut quatre heures de travail acharné pour creuser la fosse.

Tout en travaillant, nous discutâmes sur le point de savoir si nous ferions bien de dire tout ce qui nous restait de l'office des morts dans la mémoire. Nous arrangeâmes la chose en récitant l'Oraison dominicale et y ajoutant une prière personnelle qui n'avait rien de rituel pour le repos de l'âme du Jeune Garçon.

Ensuite nous comblâmes la fosse, et nous allâmes sous la vérandah, pas dans la maison, nous livrer au sommeil.

Nous étions à demi morts de fatigue.

Quand nous nous réveillâmes, le major dit gravement:

—Nous ne pouvons pas nous en retourner avant demain. Il faut que nous lui laissions le temps de mourir. Il est mort ce matin, de très bonne heure, souvenez-vous-en. Cela aura l'air plus naturel.

Donc le major était resté éveillé toute la nuit, à réfléchir.

Il dit:

—Pourquoi n'avons-nous pas rapporté le corps aux cantonnements?

Le major réfléchit une minute.