Saumarez avait mis dans sa tête, dès qu'elles vinrent à la station de Béhar, qu'il épouserait l'aînée.
Du moins, nous étions tous certains qu'il le voudrait, ce qui revient au même.
Elle avait vingt-deux ans et lui en avait trente-trois avec des appointements et des allocations qui faisaient environ quatorze cents roupies par mois.
Ainsi cette union, comme nous l'arrangions, était parfaitement assortie.
Il se nommait Saumarez, et sommaire aussi était sa nature, ainsi que l'avait dit quelqu'un.
Ayant rédigé sa résolution, il se forma en comité d'un seul homme pour en discuter, et son vote fut qu'il choisirait son heure.
D'après notre argot inconvenant, les misses Copleigh «chassaient couplées».
En d'autres termes, il vous était impossible d'avoir affaire à l'une d'elles sans avoir affaire à l'autre.
C'étaient des sœurs bien aimantes, sans doute, mais leur affection mutuelle n'était pas dépourvue d'inconvénients.
Saumarez tenait la balance en équilibre à l'épaisseur d'un cheveu près, entre elles, et lui seul eût pu dire de quel côté son cœur penchait. Pourtant chacun le devinait.