Édith Copleigh était dans un piteux état, toute cuirassée de poussière, son casque enlevé, et pleurant à chaudes larmes:

—Pourquoi donc ne pas me laisser tranquille? disait-elle. Je ne demandais qu'à partir, à rentrer à la maison! Oh! je vous en prie, laissez-moi aller.

—Maintenant il faut que vous reveniez avec moi, miss Copleigh. Saumarez a quelque chose à vous dire.

C'était une bien sotte façon de présenter la chose, mais je connaissais à peine miss Copleigh, et bien que j'eusse joué le rôle de Providence aux dépens de mon cheval, je ne pouvais lui répéter en propres termes ce que m'avait appris Saumarez.

Cela, je pensais qu'il le ferait mieux lui-même.

Tous ses airs de se dire fatiguée, de vouloir rentrer à la maison, disparurent. Elle se balança de côté et d'autre sur sa selle, tout en sanglotant, pendant que le vent brûlant faisait flotter sa chevelure de côté.

Je n'ai pas besoin de répéter ce qu'elle dit, attendu qu'elle avait perdu tout sang-froid.

C'était bel et bien, je vous en réponds, l'effrontée miss Copleigh.

Me voilà donc là, moi absolument un étranger pour elle, à tâcher de lui faire entendre que Saumarez l'aimait, et qu'il fallait qu'elle revînt, pour le lui entendre dire.

Je crois que je parvins à me faire comprendre, car elle éperonna le cheval gris et le fit marcher tout clopinant, tant bien que mal, et l'on se mit en route vers la tombe, pendant que les roulements de l'orage descendaient sur Umballah, et que quelques grosses gouttes de pluie chaude tombaient.