L'on trouvera, sans doute, que dans quelques endroits il y a des directions dont le Peuple a peu besoin, & quelques conseils dont l'exécution seroit difficile pour lui. Je n'en disconviens point; mais je crois avoir averti, que je n'ai pas exclu du plan de cet ouvrage, les personnes riches, qui vivent toute l'année dans des campagnes éloignées du séjour des Médecins.

Les endroits marqués par des guillemets «», ou des crochets [], sont pris, mot à mot, dans quelque Auteur estimé. Le Chapitre [XXIX], n'est presque que l'extrait d'un long ouvrage sur cette matiere.

Je déclare très expressément que les prix indiqués sont, il est vrai, ceux auxquels les Apoticaires peuvent donner les remedes au paysan pauvre, sans y perdre, mais que ce n'est point ceux auxquels tout le monde est en droit de les exiger d'eux. Il n'y a point de taxe dans ce Pays.

J'avertis, en finissant, que je n'ai donné aucun conseil, & aucun remede, dont je n'aie vérifié l'efficacité moi-même; & j'ose espérer qu'ils réussiront, toutes les fois qu'on les emploiera dans les circonstances & avec les précautions que j'indique, si la maladie n'est pas incurable; mais j'ajoute en même-tems, que les remedes les plus simples, donnés dans des circonstances différentes, ou sans précautions, peuvent occasionner des maux affreux. Je serois vivement affligé, si ce malheur arrivoit.

Je me trouverai heureux, si cet Ouvrage peut faire, au moins, une partie du bien que je desire.

AVERTISSEMENT
Sur la présente Edition.

Il n'est pas de Médecin sensible au plaisir de faire du bien aux hommes, qui ne voulût être Auteur d'un Ouvrage comme celui-ci, qui tend au soulagement & à la conservation du Peuple. Dès qu'il a paru, on a été frappé de son utilité, & de la nécessité de le multiplier; c'est ce qui en a fait publier en moins d'un an plusieurs éditions & traductions en diverses Langues: ainsi M. Tissot devient le bienfaiteur du Peuple des campagnes, cette partie la plus nombreuse & la plus utile de l'humanité.

J'ai souhaité que ma Patrie profitât du travail de cet habile Praticien; mais il falloit pour cela faire à son Ouvrage quelques changemens que la différence des Pays rendoit nécessaires. Ces changemens se réduisent aux mesures, au prix des drogues & à quelques termes particuliers au Pays de l'Auteur. Du reste, l'ouvrage de M. Tissot est tel qu'il l'a donné.

Pour ne rien laisser à desirer dans ce Livre, j'ai cru devoir y faire quelques additions, en me conformant au Plan de l'Auteur. Elles sont de deux especes:

1o. Il m'a paru qu'il y avoit quelques maladies fréquentes à la campagne parmi le Peuple, & dont M. Tissot n'a point parlé; c'est sans doute parcequ'elles ne le sont point autant dans son Pays; mais il devenoit indispensable de les ajouter à une Edition faite pour ce Pays-ci. Ces maladies sont les hydropisies générales & du bas ventre, les aphtes, la coqueluche, la suette, l'ergot, les engelures, le carreau, les écrouelles, &c.