Et les deux soeurs entrèrent en courant: comme d'habitude, elles étaient complètement vêtues de la même manière et elles se tenaient par la main.

—Je suis souffrant, répondit-il; permettez-moi, chères enfants, de ne point souper avec vous ce soir.

—Là! que disais-je à ma mère! fit Agathe en croisant ses bras charmants sur sa poitrine, et en prenant un air moitié fâché, moitié plaisant; mynheer Simon ne nous aime plus!

—Petite folle! répondit Simon, sur les lèvres duquel l'attitude mutine d'Agathe avait cependant amené un sourire.

—Et moi, mynheer, je partage l'avis de ma soeur à votre égard, riposta l'espiègle Annetje. Je vous en préviens, je suis plus mécontente peut-être que ma soeur et ma mère. De plus, je vous en avertis encore, je ne partage pas leur faiblesse.

—Vraiment! fit-il presque désassombri par ces minois éveillés!

Non! non! je ne suis pas si bonne, moi! Voyons! ajouta-t-elle, en frappant du pied avec énergie, une fois, deux fois, trois fois, mynheer Simon van Maast, moi, Annetje Borrekens, je vous somme de me suivre!

—Si je refuse d'obéir.

—Voici comme on soumet les récalcitrants, dit-elle.

En même temps, après avoir échangé un regard avec sa soeur, elle saisit Simon par la main droite tandis qu'Agathe lui prenait la main gauche, et toutes les deux courant, haletantes, rouges de plaisir et riant comme de petites folles qu'elles étaient, elles entraînèrent Simon et se précipitèrent, avec lui, hors du pavillon.