«Vous avez pleuré.—Est-ce dans la coquille?»

Je ne pouvais mentir... et mon aveu l'attrista. Elle reprit:

«Je vais mourir, et je ne serai pas tranquille sur vôtre compte, si vous ne me promettez de suivre fidèlement ma recommandation. J'y attache une importance capitale pour votre âme.»

Je donnai ma parole, demandant toutefois, comme une grâce, la permission de pleurer librement sa mort.

«Pourquoi pleurer ma mort? Voilà des larmes bien inutiles. Vous pleurerez mon bonheur! Enfin, j'ai pitié de votre faiblesse et je vous permets de pleurer les premiers jours. Mais, après cela, il faudra reprendre la coquille.»

Je dois dire que j'ai été fidèle, bien qu'il m'en ait coûté des efforts héroïques.

Quand je voulais pleurer, je m'armais avec courage de l'impitoyable instrument; mais, quelque besoin que j'en eusse, le soin que je devais prendre à courir d'un œil à l'autre distrayait ma pensée du sujet de ma peine, et cet ingénieux moyen ne tarda pas à me guérir entièrement de ma trop grande sensibilité.

*
* *

Je voulais me priver de la sainte Communion pour une infidélité qui lui avait causé beaucoup de peine, mais dont je me repentais amèrement. Je lui écrivis ma résolution; et voici le billet qu'elle m'envoya:

«Petite fleur chérie de Jésus, cela suffit bien que, par l'humiliation de votre âme, vos racines mangent de la terre... il faut entr'ouvrir, ou plutôt élever bien haut votre corolle, afin que le Pain des Anges vienne, comme une rosée divine, vous fortifier et vous donner tout ce qui vous manque.