26 juillet 1897.
Quand vous lirez ce petit mot, peut-être ne serai-je plus sur la terre. Je ne connais pas l'avenir; cependant, je puis dire avec assurance que l'Epoux est à la porte. Il faudrait un miracle pour me retenir dans l'exil, et je ne pense pas que Jésus le fasse, car il ne fait rien d'inutile.
O mon frère, que je suis heureuse de mourir! Oui, je suis heureuse, non parce que je serai délivrée des souffrances d'ici-bas: la souffrance unie à l'amour est, au contraire, la seule chose qui me paraît désirable en cette vallée de larmes; je suis heureuse de mourir parce que, bien plus qu'ici-bas, je serai utile aux âmes qui me sont chères.
Jésus m'a toujours traitée en enfant gâtée... C'est vrai que sa croix m'a accompagnée dès le berceau; mais cette croix, il me l'a fait aimer avec passion.
Lettre Xe.
14 août 1897.
Au moment de paraître devant le bon Dieu, je comprends plus que jamais qu'il n'y a qu'une chose nécessaire: travailler uniquement pour Lui, et ne rien faire pour soi ni pour les créatures. Jésus veut posséder complètement votre cœur; pour cela, il vous faudra beaucoup souffrir... mais aussi quelle joie inondera votre âme quand vous serez arrivé à l'heureux moment de votre entrée au Ciel!...
Je ne meurs pas, j'entre dans la vie... et tout ce que je ne puis vous dire ici-bas, je vous le ferai comprendre du haut des Cieux...................