En rentrant chez elle, on lui apprend que sa fille a eu une crise de souffrance plus forte que les autres. «Mets tes lunettes, puisqu'elles te soulagent», dit la mère à la fillette. Mais celle-ci de s'écrier toute joyeuse: «Maman, je n'en ai plus besoin, je vois aussi bien que toi, à présent.»
Alors la mère approche l'enfant de la fenêtre et appelle son mari: «Regarde ta fille! Tu te moquais de ma confiance, vois ses yeux! Elle est guérie!»
En effet, les yeux grands ouverts n'étaient plus rouges; il n'y avait plus de pus, d'inflammation ni de taies, et l'enfant voyait distinctement tout ce qui l'entourait.
Depuis elle n'a eu aucune rechute. Le docteur D. la déclara complètement guérie de sa kératite phlyctémulaire et délivra un certificat à la date du 6 juillet 1908.
Cette maladie, très fréquente chez les enfants à constitution faible et lymphathique, est caractérisée par des ulcérations de la cornée. Elle est sujette à des récidives très fréquentes, d'abord, puis, à intervalles plus éloignés, à mesure que l'enfant se fortifie. Elle ne peut donc guérir que très lentement, et elle laisse presque toujours des traces indélébiles, sous forme de taies plus ou moins opaques.
Dr L.
L., le 7 décembre 1908.
Suivent les témoignages recueillis par le docteur, des différentes personnes qui ont vu l'enfant avant et après sa guérison.
Témoignage des Carmélites de Lisieux.
Nous, soussignées, avons entendu les parents de Reine F, et vu cette enfant au parloir. La mère nous a fait exactement le même récit qu'au docteur L. Elle a ajouté que le premier jour de la neuvaine, elle avait cueilli sur la tombe de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus deux petites feuilles de géranium et les avait placées chez elle avec respect. Le père nous a affirmé que le docteur D. leur avait déclaré que, s'ils voyaient les yeux de leur petite fille devenir phosphorescents, c'était signe qu'ils étaient perdus, sans aucun espoir de guérison; or, qu'ils avaient vu tous deux ce phénomène se produire.