X.

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17.

Constantinople, 8 juin 1908.

Mon mari vivait depuis seize ans loin des sacrements et ne voulait rien entendre à ce sujet. Un jour, ma fille, en revenant de l'école, me parla de la petite Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, et ce qu'elle m'en dit m'inspira beaucoup de confiance. Le soir même, nous récitâmes un Pater et un Ave pour obtenir de la chère sainte la conversion désirée et, dès le lendemain matin, mon mari me dit spontanément: «Cette année, je veux faire mes Pâques et désormais je m'approcherai plus souvent des sacrements.» C'était le Mercredi Saint, et, tout transformé et tout joyeux, il communia le Jeudi Saint. Maintenant, il communie tous les mois.

X.

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18.

X., Italie, 8 août 1908.

Quelques mois avant mes vœux perpétuels et mon sous-diaconat, je traversai une crise violente dont mon avenir sacerdotal et religieux a évidemment dépendu. Au plus fort de la lutte, sans aucune initiative de ma part, la pensée de votre sainte s'est imposée à mon esprit avec une obstination et un charme irrésistibles. Elle a continué à m'occuper ainsi tout le jour, sans que je dusse faire des efforts pour chercher sa chère pensée; elle m'a appris à l'appeler ma Mère, et à mettre en elle toute l'espérance de mon âme. Elle m'a béni mieux encore que par ses joies sensibles; elle a «tourné» mon cœur. Mon directeur, un homme prudent et réservé s'il en fut, a été extrêmement frappé de ce qui s'était passé en moi, des changements subits et inexplicables qu'elle y avait faits, et il m'a dit: «Il y a là quelque chose d'extraordinaire: c'est une grande grâce que vous avez reçue!» Ce que je vous dis en termes un peu voilés, ma bonne Mère, je serais heureux de pouvoir vous le dire clairement de vive voix. Alors vous comprendriez mieux comment elle est ma Mère, la mère de mon sacerdoce et de tous mes apostolats futurs; vous comprendriez combien je désire la faire bénir comme je la bénis, aimer comme je l'aime.