Eh bien, ma Révérende Mère, le doigt qui, jusqu'alors, ne cessait point de suppurer, sécha; une petite croûte se forma, puis tomba, et huit jours après, tout était cicatrisé et guéri.
Depuis cette époque, ma petite fille se porte à merveille.
De la part de son père et de sa mère, mille fois merci et vive reconnaissance à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
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27.
21 décembre 1908.
C'est un devoir de reconnaissance qui m'amène aujourd'hui près de vous. Ayant obtenu par l'intermédiaire de la petite Sr Thérèse une grâce signalée, je me fais une joie de venir vous la raconter:
Depuis un certain temps, j'allais voir un pauvre malade. Elevé dans la religion, cet homme, sans devenir sectaire, était devenu plus qu'indifférent; il avait beaucoup lu, et, de ses lectures, il avait retiré avec l'incroyance la volonté de se faire enterrer civilement; cette volonté, il l'avait manifestée à ses enfants.
C'est dans ces dispositions que je le trouvai il y a deux mois. Je ne fis d'abord que des visites d'ami; quand j'en arrivai aux visites de prêtre, quand je parlai du bon Dieu, de l'Eternité, un sourire sceptique et des paroles de dénégation accueillirent mes premières tentatives d'apostolat. Je revins souvent sur la question et toujours ce fut la même réponse: «J'ai trop lu, mon cher Monsieur, pour ne pas savoir la fausseté de toutes les religions.» Un miracle seul pouvait sauver cette âme, et ce miracle c'est à l'ange de Lisieux que je le réclamai. Je priai, je fis prier; une neuvaine fut entreprise. Elle n'était pas terminée qu'une nuit le pauvre malade, de lui-même, en pleine connaissance, me fit demander: «Va me chercher Monsieur l'abbé», dit-il à sa femme. Et, cette demande, il la réitéra depuis 1 h. jusqu'à 6 h. du matin. A 6 h., la femme, vaincue par cette persistance, vint me chercher. J'arrivai en toute hâte et en toute joie surtout. Le malade m'accueillit tout heureux; il se confessa, reçut l'Extrême-Onction. Le loup était devenu agneau, l'impie d'autrefois était devenu subitement un chrétien repenti. Oh! ils seront pour moi inoubliables ces instants de retour subit et convaincu vers Dieu. Longtemps j'entendrai dans mon cœur la voix, maintenant éteinte, de ce pauvre malade qui, en embrassant son Christ, lui disait avec une réelle piété: «Seigneur, avez pitié de moi qui vous ai offensé!... Seigneur, je vous aime!... Mon Dieu, pardonnez-moi!...»