Carmel de V. (Espagne), 7 novembre 1909.
Pour comprendre combien je suis redevable à votre chère petite Sainte, vous devez savoir de quel mal elle m'a guérie; je vous confierai donc mon secret afin que vous rendiez grâces à Dieu qui seul peut opérer de pareils changements.
Depuis plus de six années, je souffrais d'une tentation terrible qui semblait vouloir empoisonner toute ma vie religieuse. Si heureuse pourtant dans ma vocation, je me demandais souvent si je ne m'étais pas trompée et à quoi me servirait ma vie austère de Carmélite, si je n'avais en perspective qu'une éternité de tourments, car je croyais déjà mon arrêt de damnation prononcé!... Ces suggestions entravèrent mes élans vers Dieu que je n'osais plus regarder comme mon Père, mais comme un juge terrible et irrité.
Pendant cette dernière année 1909, à cet état d'âme si pénible vinrent se joindre des souffrances physiques continuelles qui rendaient les épreuves morales encore plus insupportables. C'est alors que je commençai une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pour obtenir ma double guérison.
Au matin du deuxième jour, je la sentis près de moi, infusant dans mon âme, avec cette paix qui surpasse tout sentiment, un ardent désir de ma sanctification, une volonté ferme de ne plus vouloir que celle de Dieu. Ma céleste libératrice opérait en moi une transformation telle que, depuis lors, l'ombre même de la défiance ne m'a plus effleurée.
Cette grâce ne peut s'exprimer.
Sr X.
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62.
S. M., Portugal, 14 novembre 1909.