Je dois dire que mes souffrances morales ont pris fin vers les premiers jours de mai, c'est-à-dire précisément au moment où commençait la neuvaine en l'honneur de la sainte carmélite.
Je délivre cette attestation en reconnaissance de la faveur obtenue.
O. B., officier.
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64.
N. (Alpes-Maritimes), 21 novembre 1909.
Très Révérende Mère,
Je viens accomplir un devoir bien doux que m'impose ma conscience, en vous écrivant ces quelques lignes.
Atteint depuis plus de vingt ans d'une maladie d'estomac, je croyais être au terme d'une longue durée de souffrances, car, au mois de juillet dernier, mon mal empira d'une façon inquiétante et mon docteur ne conservait qu'un bien faible espoir. Les médications n'opéraient plus et ne m'apportaient aucun adoucissement. L'appétit était nul et je n'avais plus de sommeil. Les professeurs et élèves devaient partir, vers le 8 juillet, en colonie de vacances, et j'avais depuis longtemps renoncé au plaisir de les suivre, tant j'étais épuisé, puisque mon pauvre estomac ne pouvait plus supporter la moindre nourriture, même quelques gorgées de lait.
Je reçus alors la visite d'un jeune séminariste qui me parla, en termes très émus, de la dévotion à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; il me proposa de m'associer à une neuvaine de prières faites au Carmel pour ma guérison. Je priai avec toute la confiance que m'avait inspirée mon ami, et le 6 juillet, au soir, je demandai à la «petite reine» de pouvoir dormir jusqu'au lendemain, cinq heures.
Moi qui ne dormais plus, je ne me réveillai le lendemain qu'à l'heure fixée. Mieux encore: l'appétit était revenu, et le 8 juillet, au matin, je partis pour un long voyage.