Elle se leva, fit plusieurs mouvements qu'avant cette guérison miraculeuse elle ne pouvait absolument se permettre sans beaucoup souffrir; plus rien... aucune douleur! elle se sentait bien, très bien.

Au même instant, minuit sonna: «Oui, pensa la malade, c'est vrai, Thérèse de l'Enfant-Jésus est descendue à l'heure de la naissance de l'Enfant-Dieu», et, profondément émue, elle pleura. Puis, elle récita le Te Deum et la prière à la sainte Trinité, si en honneur en Espagne, et passa le reste de la nuit en actions de grâces. A 4 heures, elle se leva comme la communauté et courut chez la Mère Supérieure: «Ma Mère, je suis guérie; Térésita est venue!» La prudente Prieure demanda à la miraculée une épreuve de quinze jours avant de rien publier de ce fait merveilleux.

Pendant cette quinzaine, Sr Marie a repris toute la vie commune: lever, nourriture, travail. Elle a mangé exprès les choses les plus indigestes et dont elle était privée depuis des années, elle a bu du vin... et tout a été trouvé excellent, rien ne lui a fait mal. Les premiers jours il lui restait une grande faiblesse, dans les jambes surtout, mais peu à peu les forces sont revenues avec l'alimentation. Aujourd'hui, sa santé est excellente et elle semble rajeunie. Son visage, très souvent enflammé autrefois par l'ardeur intérieure qui lui dévorait l'estomac, a repris une teinte naturelle. Enfin, tout prouve que Thérèse est «descendue» et que, voyant du bien à faire sur ce petit coin de terre, elle a laissé tomber du ciel un pétale de rose ou plutôt une rosée bienfaisante qui a rendu la santé à sa privilégiée.

Nous l'appelons ainsi, puisque voilà deux fois qu'elle reçoit de Sr Thérèse des preuves de son affection.

Sr X.

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91.

Couvent de la Providence, X., 14 juillet 1910.

Ma sœur et son mari étaient un sujet de mauvais exemple pour leur nombreuse famille de sept enfants. Aucun moyen n'avait été épargné pour les rappeler à leurs devoirs. Ne sachant plus à quel saint me recommander, j'abandonnai à la bonne Providence le soin d'intérêts si chers et si sacrés.

Cependant, sur les instances réitérées d'une de nos sœurs, je me décidai, quoique avec un peu d'hésitation, à prier Sr Thérèse, et je demandai à la chère petite sainte qu'elle me fit savoir par un signe manifeste, le 2 janvier, qu'elle s'occupait de ma requête. Ce jour même, au matin, sans que rien pût le faire pressentir, sans que j'aie fait aucune démarche nouvelle, ma sœur et mon beau-frère venaient me témoigner leurs regrets et me faire des promesses pour l'avenir.