Mais cette guérison, ou plutôt ce retour à la vie ne lui avait été accordé qu'afin de lui permettre de revenir à Dieu avec toute sa lucidité d'esprit et toute la force de sa volonté; quinze jours plus tard, les crises le reprenaient. Sa femme et les religieuses rappelées en toute hâte, craignirent pour sa foi, mais elle n'en reçut aucune atteinte; au contraire, de converti qu'il était pendant les quinze jours de retour à la santé, il devint un saint dans sa maladie qui devait durer six semaines encore. Alors, il donna les plus beaux exemples de patience et de résignation, craignant de prendre ce qui pouvait le soulager. Pour n'en citer qu'un exemple: «J'ai tant à expier, disait-il à la religieuse qui voulait lui faire une piqûre pour calmer d'extrêmes douleurs, ne serait-ce pas mieux de souffrir?...»

Un mois après l'événement, sa femme lui ayant demandé s'il avait vu la petite sainte: «Non, dit-il, je ne l'ai pas vue; mais elle était là, je la sentais, je ne saurais expliquer comment...» Et après une hésitation: «J'ai vu, ajouta-t-il, la sainte Face de Nôtre-Seigneur.» Plus tard lorsqu'on lui montra une image de la sainte Face, peinte au Carmel de Lisieux: «C'est ainsi que je l'ai vue», dit-il. Les religieuses m'ont dit qu'il avait dû la revoir plusieurs fois. Quelques jours avant sa mort, comme il venait de dicter ses dernières volontés et qu'il voyait tous les visages attristés: «Pourquoi tant vous désoler?» dit-il. Puis, après avoir hésité un moment... «Il faut que je vous fasse une confidence: Je sais que je vais au Ciel.» Alors il demanda qu'on mît avec lui sa relique et recommanda à la religieuse de prier bien haut quand il ne pourrait plus parler, afin qu'il pût s'y unir. Il fit de tout cœur le sacrifice de sa vie, disant «qu'il n'avait désiré vivre qu'afin de pouvoir réparer». Le matin de sa mort, il s'efforçait encore de s'unir aux prières.

Sept personnes de la famille et le valet de chambre se convertirent et firent leurs Pâques, tant cette conversion les avait touchés.

Sr X.

——

101.

Strasbourg (Alsace), 17 septembre 1910.

Notre petit garçon, François, âgé de 5 ans, languissait depuis deux jours lorsque le médecin nous déclara, dans la nuit du 13 au 14 août 1910, qu'il était atteint d'une broncho-pneumonie; il avait à ce moment une très forte fièvre. Dans la journée du 14, ma tante, Mme K., me remit une petite relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus afin que je la mette à l'enfant. Je le fis avec une grande confiance; aussi deux heures après, la fièvre qui, le matin, était encore de 38°5, tomba à 37°4, et le soir, quand le médecin revint, le thermomètre ne marquait plus que 37°3.

Le médecin, qui venait trois fois par jour, tant il jugeait le cas grave, me dit alors: «Ce n'est pas possible que le thermomètre ne marque que 37°3, vous vous êtes trompée.» A son tour il vérifia, c'était bien cela. Il n'en revenait pas et ajoutait: «Ne vous faites pas illusion, c'est une nouvelle crise qui se prépare...» Moi, j'étais sûre de la guérison miraculeuse, et je ne m'étais pas trompée. La fièvre ne revint plus: notre petit était sauvé! L'enfant qui avait perdu tout appétit et trouvait tout amer, a commencé, le 15 déjà, à bien manger; le poumon était dégagé, et la toux diminuait. Dès ce jour, il était tout à fait remis.

Ce qu'il y a d'extraordinaire dans les faits que je vous relate, c'est que le mal a été coupé pour ainsi dire instantanément, qu'il n'y a pas eu un mieux progressif, mais subit.