En la joie; si elle n'est pas immodérée, et pour des choses indignes.

Quelles affections enfin embarrassent notre cœur, quelles passions le possèdent, et en quoi principalement il s'est détraqué.

C'est ainsi que par les passions de l'ame on reconnoît son véritable état; mais il faut pour cela les tâter l'une après l'autre; car, comme un joueur de luth pince toutes les cordes, et celles qu'il trouve dissonantes, il les accorde, soit en les tirant, soit en les lâchant; de même, après avoir tâté l'amour, la haine, le désir, la crainte, l'espérance, la tristesse et la joie de notre ame, si nous ne les trouvons pas avec l'intention où nous devons être de rendre gloire à Dieu, nous pourrons les accorder moyennant sa sainte grâce et l'avis de notre père spirituel.


[CHAPITRE VIII.]

Affections qui doivent suivre l'examen.

Après avoir doucement considéré chaque point de l'examen, et avoir vu à quoi vous en êtes, vous viendrez aux affections ainsi qu'il suit:

Remerciez Dieu de ce peu d'amendement que vous aurez trouvé en votre vie depuis votre résolution, et reconnoissez que c'est sa seule miséricorde qui l'a fait en vous et pour vous.

Humiliez-vous bien fort devant Dieu, reconnoissant que si vous n'avez pas beaucoup avancé, c'est de votre faute; parce que vous n'avez pas fidèlement, courageusement et constamment correspondu aux inspirations, aux mouvemens et aux lumières dont il vous a favorisée en l'oraison et ailleurs.