Note 675: [(retour) ]

Son nom sauvage était Mecabau. (Sagard, Hist. du Canada, p. 592, 912.)

Note 676: [(retour) ]

Le Caron.

Le Pilotoua se met en devoir d'user envers le malade de ses remèdes accoustumés, & chantèrent tant aux aureilles du malade avec un tel bruit & tintamarre, que tout cela estoit plus capable d'avancer ses jours que le guérir, car comment pouvoit il recevoir allégement en ce tintamarre, que le plus sain en eust eu la teste rompue, il usa de tous ses plus subtils medicaments qu'il peust, lesquels ne luy servirent de rien, & cependant ledit Martin ne se resouvenant plus du sainct Baptesme & de ce qu'il avoit promis, retourne en la créance de ses superstitions passées, il y eut de nos gens qui luy firent quelques remonstrances sur le peu d'esprit qu'il avoit, & le mal qu'il faisoit de la perdition de son âme, qui pâtiroit plus aux enfers pour avoir abusé de ce sainct Sacrement que s'il n'eust esté baptisé, il n'en fait nul estat, disant, qu'il n'adjoustoit point de foy en tout ce qu'on luy avoit 160/1144fait, sans faire davantage de réplique, ainsi demeura en son mal, qui alla en augmentant jusques à la mort, sans qu'il peust treuver de remède pour l'empescher, & mourut le dix-huictiesme dudit mois [677]: les jugemens de cette mort furent divers, d'autant que beaucoup croyoient, que peut-estre premier que de rendre le dernier souspir de la vie il auroit eu un repentir, & Dieu luy auroit pardonné: C'est pour revenir à ce que nous enseigne nostre Seigneur, Ne jugez point, de peur que ne soyez jugez. Neantmoins il y avoit bien dequoy craindre en la vie qu'il a menée jusques à la fin, que cette âme ne soit perdue.

Note 677: [(retour) ]

Le 18 avril 1628. D'après Sagard, il serait mort dans de bonnes dispositions, et n'aurait consenti à se faire mideciner que par complaisance. «Il fut enterré au cimetière de ceux de sa nation, proche le jardin qu'on appelle du Père Denys, pour le contentement de ses parens, qui autrement n'eussent point vescu en paix.» (Hist. du Canada, liv. II, ch. XXXVII.)

De puis 22 ans qu'on est allé pour habiter & défricher à Québec [678], suivant l'intention de sa Majesté, les societés n'avoient fait deserter un arpent & demy de terre: par ainsi ostoient toute esperance pendant leur temps, de voir le boeuf sous le joug pour labourer, jusqu'à ce qu'un habitant[679] du païs recherchast les moyens de relever de peine les hommes qui travailloient ordinairement à bras, 161/1145pour labourer la terre, laquelle fut entamée avec le Soc & les boeufs, le 27 d'Avril 1628, qui montre le chemin à tous ceux qui auront la volonté & le courage d'aller habiter, que la mesme facilité se peut esperer en ces lieux comme en nostre France, il l'on en veut prendre la peine & le soing.

Note 678: [(retour) ]

L'habitation de Québec n'ayant été commencée qu'en 1608, ce passage donnerait à entendre que dès 1630, Champlain avait préparé la seconde partie de l'édition de 1632.

Note 679: [(retour) ]

Il n'y avait alors que Guillaume Couillard, qu'on pût appeler habitant proprement dit, parce qu'il était le seul qui fût établi sur une terre.. Cette terre avait été concédée à son beau-père Louis Hébert dès le 4 février 1623, par le duc de Montmorency, concession qui fut ratifiée par le duc de Ventadour le 28 février 1626. Après la mort d'Hébert, Couillard resta sur la terre avec sa belle-mère et son jeune beau-frère Guillaume Hébert; le partage n'eut lieu qu'en 1634, à l'occasion du mariage de ce dernier avec Heleine des Portes. Son contrat de mariage et les arrangements de famille laissèrent à Couillard les trois quarts de l'héritage, et, quelques années plus tard, il rentra par une échange en possession de la part échue à son beau-père Guillaume Hubou. (Archives du Sémin. de Québec.)

Sur la fin dudit mois, il y eust quelques Sauvages qui nous apportèrent nouvelles de la mort de Mahigan Athic, par mesme moyen nous voulurent persuader qu'à cent cinquante lieues amont le fleuve S. Laurent, estoient descendus certains Sauvages Algommequins qui avoient massacré nos hommes, s'estans retirez secrettement sans estre apperceus, mais comme ces discours estoient esloignez de la raison sans apparence, nous ny adjoustasmes foy, disant que le Sauvage que nous tenions pour suspect, estoit devenu insensé courant par les bois comme desesperé, ne sçachant ce qu'il estoit devenu.

Le 10 de May un canau arriva de Tadoussac, où estoit la Fouriere capitaine des Sauvages dudit lieu, avec celuy que nous soubçonnions avoir faict le meurtre, lequel n'estoit en tel estat qu'on nous l'avoit representé, qui venoit pour se justifier, sur l'asseurance que luy avoit donné ledit la Fouriere, moyennant quelque present qu'il avoit receu, de retirer son fils d'entre nos mains.

Estant en terre il envoya sçavoir si j'aurois agréable qu'il nous vint voir, je le fais venir avec le meurtrier soupçonné, où ledit la Fouriere fit quelque discours sur l'affection que de tous temps il nous avoit portée, que jamais il ne receut tel desplaisir 162/1146que quand on luy dit de la façon que nos hommes avoient esté tuez, croyant que c'estoient des Yrocois & non d'autres, mais que depuis peu il avoit sceu par un jeune homme de nation Yrocoise & elevé parmy eux, & les Algommequins d'où il venoit mescontant pour l'avoir mal traité qu'il avoit rapporté que trois d'icelle nation estoient venus de plus de cent cinquante lieues tuer de nos gens, chose très certaine, avec autre discours sans raison: Et que les prestres qui prioient Dieu avec cérémonie qu'ils faisoient, estoit le sujet que beaucoup de leurs compagnons mouroient, ce qui n'avoit esté auparavant, avec autres paroles perdues, discours de quelques reformez qui leurs avoient mis cela en la fantaisie, comme de beaucoup d'autres choses de nostre croyance.