—Oh! non, il ne faut pas venir me raconter de telles sottises, dit-elle, se levant brusquement.
—Pourquoi ne te dirais-je pas cela? dit Gudmund en pâlissant. C'est peut-être la même chose pour toi que pour Hildur: tu as peur de moi?
—Oh non, ce n'est pas cela.
Elle voulait lui expliquer qu'il préparait ainsi sa propre perte, mais il ne l'écoutait pas.
—J'ai entendu dire qu'autrefois il y eut des femmes qui portèrent aide aux hommes, au moment du malheur, mais cela ne doit plus se faire aujourd'hui.
Helga eut un tressaillement. Elle eût voulu jeter ses bras autour du cou de Gudmund, mais elle ne bougea pas. Aujourd'hui c'était son devoir de rester raisonnable.
—Il est bien vrai que je n'aurais pas dû te demander de devenir ma femme le jour même, où je dois aller en prison, mais vois-tu, si je savais que tu veuilles attendre ma libération, je supporterais toutes ces horreurs d'un cœur léger.
—Ce n'est pas à moi de t'attendre, Gudmund.
—Tout le monde va dès maintenant me considérer comme un malfaiteur, un individu qui boit et qui assassine. Mais s'il y avait une seule personne pour me regarder avec amour! C'est cela qui me soutiendrait plus que toute autre chose.
—Tu sais que je ne penserai jamais que du bien de toi, Gudmund.