Quant au procureur général, une trouvaille de mot le met hors pair ; déchaîne la joie silencieuse, et légèrement féroce, des intellectuels présents. Il dit que Zola, pour échapper à la responsabilité de son acte, s’est jeté dans le « maquis de la procédure ».

On ne le lui fait pas dire ! Et, chez les subversifs, d’entendre un magistrat proférer tel blasphème, la satisfaction est intense. Il va bien, le « compagnond » Bertran !

Une autre phrase est à retenir, de Labori, dans l’ordre sérieux, alors. C’est quand il déclare que jamais Zola ne se retranchera derrière la nullité de la citation ; qu’il est prêt, aujourd’hui comme hier, comme demain, à affronter le débat, pourvu qu’il soit plaidé à fond ; que l’ensemble de son article, des faits qui l’ont motivé, soit visé, discuté — et non morcelé misérablement.

Puis il dépose des conclusions tendant à établir, selon le rapport de M. Chambaraud, à la Cour de cassation, la connexité, l’indivisibilité de certains faits, ramenés dans la citation et ceux figurant dans ses significations, paragraphe B.

Bien entendu, la Cour rejette.

Alors, Labori lui demande acte de ce que MM. Zola et Perrenx se vont pourvoir en cassation.

C’est accordé, mais, en même temps, la Cour juge que l’arrêt précédemment rendu est un arrêt préparatoire et d’instruction, donc non suspensif, et ordonne passer outre aux débats.

— Nous avons l’honneur de faire défaut, déclare Labori.

En conséquence, accusés et défenseurs quittent l’audience.


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