On se bouscule, on s’injurie. Le président entre, et menace. Puis Me Ployer prend la parole ; M. le procureur général lui succède et la Cour, après une brève suspension d’audience, condamne Zola et Perrenx, par défaut, au maximum à un an de prison et 3,000 francs d’amende, par un arrêt dont voici les attendus principaux:
« Considérant qu’il est établi et fondé dans les termes mêmes de la lettre adressée au président de la République du 13 janvier 1899, publiée dans l’Aurore, que les inculpés se sont rendus coupables du délit de diffamation relevé contre eux;
» Que cette diffamation, dont les prévenus ont calculé froidement l’extrême gravité, a profondément troublé les esprits et suspendu les affaires;
» Qu’elle est encore aggravée par l’attitude des prévenus qui semblent, l’un et l’autre, en vouloir prolonger les désastreux effets, au risque d’amoindrir dans l’armée la confiance des soldats pour leurs chefs et d’abaisser la discipline, qui est la base essentielle de toute bonne organisation militaire ».
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On s’en va. Il paraît qu’on s’est cogné tout à l’heure, entre soi, ou avec la police, lors du départ de Zola.
Les militaires acclament Déroulède, mais tout de même :
Nous n’irons plus au bois,
Les œillets sont coupés !
On a de plus en plus chaud. On s’en va boire de vagues limonades, tandis que deux cris se répondent, au lointain.