J’ai dit exactement la même chose dans le Cri du Peuple, il y a douze ans, par rapport à des événements d’autre sorte. Ma conviction n’a pas changé.
On sème, on récolte. Le germe tombe dans des esprits compréhensifs : il tombe aussi, il est exposé à tomber, dans des cerveaux incultes, volontiers sauvages, en qui le mot, à demi-saisi, évoque uniquement l’instinct barbare, la sauvage poussée des ignorances, des cruautés ancestrales.
Celui-là qui a tiré sur un avocat, sur un défenseur, il est le symbole de toute une foule abusée. C’est votre homme, c’est votre œuvre : regardez-les donc en face, ayez au moins la crânerie de ne les point renier !
Il a cru bien faire, ce misérable, empêcher — méditez bien ceci ! — Labori d’acculer Mercier à sa forfaiture.
Le complot, déjoué à Paris, devait avoir une répercussion, en même temps, à Rennes : ce coup de pistolet est comme la fusée qui éclate après que le feu d’artifice a raté.
Elle était quand même du bouquet !
RÉSULTAT
Rennes, 16 août 1899.
Hier, elle était curieuse, la lecture des journaux « bien pensants ». C’était à qui, de tous ces crocodiles, verserait le plus de pleurs ; à qui témoignerait davantage d’indignation à qui dirait le mieux : « C’est l’acte d’un fou. Tous les partis réprouveront » — et autres boniments !